Semences Hybride F1 : la peau de chagrin du vivant.

Une semence hybride F1 est la première génération ​issue d'un croisement entre 2 variétés distinctes et complémentaires de la même espèce (« les parents » de l’hybride). La complémentarité est choisie sur des caractères spécifiques (par exemple : un parent a une couleur intéressante et l’autre une résistance spécifique à une maladie.).

 

Les parents de l’hybride sont des lignées pures. Celles-ci sont obtenues par autofécondations successives de plantes, fleur à fleur, et ont des caractères d’intérêt pour les sélectionneurs (taille, productivité, résistance aux maladies, couleur…). Après 8 à 10 autofécondations, les plantes obtenues sont ​quasiment totalement identiques, mais aussi affaiblies par la consanguinité. La lignée pure femelle sera castrée manuellement ou chimiquement. Castration et autofécondation peuvent faire appel à des techniques manuelles et réalisées par des enfants en violation des règles de l’OIT (Organisation Internationale du Travail).

 

Lors du croisement des deux parents, la lignée femelle castrée est fécondée par la lignée mâle, on obtient un hybride F1. En année 1, ce croisement bénéficie du retour à hétérozygotie, qui lui donne une supériorité par rapport aux lignées pures (meilleur rendement)(ce phénomène est nommé hétérosis), mais en cas de ressemis l’année suivante (année 2), la majorité des plantes obtenues sont chétives et hétérogènes. En effet, le croisement n’ayant pas été pas stabilisé, elles héritent de nombreux caractères dépressifs de leurs « grands-parents » consanguins. Les hybrides F1 entraînent une dépendance des agriculteurs qui se voient contraints de racheter leurs semences chaque année. Ce contrôle forcé de la reproduction des plantes (par des techniques mécaniques, chimiques et biotechnologies) pour en faire des variétés homogènes sur une génération en fait une graine chère qui ne peut s’amortir que sur le volume, par une exploitation du travail et par des législations qui obligent les cultivateurs à acheter leurs graines.

 

Si la productivité agricole a certes augmenté, avec l’aide de produits phytosanitaires leur servant de béquille pour compenser leur fragilité, l’usage de semences hybride F1 a contribué à l’érosion génétique de la biodiversité cultivée et sauvage (la FAO estime qu’on a perdu 75 % de la biodiversité cultivée entre 1900 et 2000).

 

Pour « Graines de Liberté – Hadoù ar frankiz », travailler avec les autres espèces vivantes, c’est respecter une règle de base que la force d’un écosystème, son caractère résilient, dépend de sa diversité.